Quitter le plein format pour un APS-C

Après de longs mois d’hésitation, de longues heures à retourner tout le web pour trouver d’autres personnes dans la même situation, je quitte le monde du plein format pour acheter un APS-C. Est-ce que je vais à contre-courant ? Je vais tout vous expliquer dans l’article qui suit.

Pourquoi quitter le plein format ?

Je vous entends déjà devant votre écran me dire : « Mais pourquoi tu as fait ça ? Tous les constructeurs mènent une guerre de l’hybride plein format actuellement, ce n’est pas pour rien ! Le monde des smartphones a cannibalisé le marché du micro 4/3 (capteur encore plus petit que l’APS-C). Ce n’est qu’une question de temps pour que l’APS-C reçoive le même sort ! Tu vas avoir de moins bons résultats avec ton nouveau matériel ! Ce n’est pas une solution pérenne dans le temps ! »

Je ne peux malheureusement pas vous dire le contraire sur de nombreuses affirmations, mais je vais vous partager mon point de vue qui va, peut-être, nuancer votre avis sur le sujet.

Mon historique matériel

Boitier Nikon D750 - vue de côté

Le choix de la marque

Retournons quelques années en arrière, un peu moins d’une dizaine exactement. Je décidais à l’époque d’investir dans un reflex que je considérais alors comme un « vrai appareil photo ». En bon geek, je ratissais la toile pour lire un maximum de test matériel. Sur le marché des reflex, deux marques ressortaient constamment durant mes recherches : Canon et Nikon.

J’ai également sollicité mon entourage d’amateurs-photographes.Les avis divergeaient également entre ces deux constructeurs. 

Du côté photo, les deux s’en sortaient très bien, alors que la vidéo semblait plus avancée chez Canon. 

Mon choix s’est porté purement dans la prise en main et c’est l’ergonomie Nikon qui a eu raison de moi. Tout me semblait tomber directement sous mes doigts.

Taille du capteur

Est venu ensuite le débat de la taille du capteur. C’est clair que si vous comparez dans une même marque, l’APS-C au plein format, il n’y a clairement pas de match. Le plein format l’emporte haut la main sur la qualité des photos que vous allez sortir.

Et, en toute franchise, les capacités supérieures de bokeh (flou d’arrière-plan) m’attiraient tout particulièrement. Je voulais également pouvoir faire des photos en basse lumière et à nouveau le plein format semblait tenir de belles promesses.  

Vous l’aurez compris, mon choix s’est donc tourné sur un plein format, le Nikon D750 qui venait tout juste de sortir à l’époque (oui, j’ai une fâcheuse tendance à toujours vouloir les nouveautés). 

Boitier plein format Nikon D750
Boitier plein format Nikon D750

Apprendre à définir son besoin photographique

Voilà, c’était mon premier investissement d’envergure dans le milieu et je l’ai fait principalement parce que je voulais me lancer. Malheureusement, c’était sans véritablement savoir dans quel domaine exactement. 

Je voulais avoir un système polyvalent qui, je l’espérais, me permettrait de toucher à tout pour découvrir ma propre voie. 

Aujourd’hui, j’en sais plus sur les domaines qui m’intéressent et mon besoin est donc plus ciblé qu’à l’époque. Je vous encourage d’ailleurs à prendre le temps d’y réfléchir. Quels sont les sujets qui vous plaisent en photo ? 

Pour le découvrir, une manière très efficace est simplement de parcourir l’ensemble des photos que vous avez dans votre bibliothèque sur l’ordinateur ou  le smartphone. Analyser son travail est très enrichissant pour apprendre à mieux se connaitre. Je suis sûr que vous serez surpris du résultat.

Une transition en douceur

Des expériences variées

Un des points qui a commencé à me faire réfléchir sur mon matériel est principalement mes nombreux voyages. J’ai réalisé plusieurs expériences :

  • Le regret de ne pas avoir emporté mon matériel photo, car trop encombrant.

  • Le plaisir de l’avoir avec moi malgré les 10kg de matériel supplémentaire.

  • La frustration d’emporter le matériel dans une configuration « light » (une petite focal fixe) par manque de place.

Le voyage qui a tout déclenché

Bref, il est vrai que la plupart de mes interrogations ont jailli pour cause d’encombrement. Il a fallu attendre un voyage d’un mois en Asie en janvier 2020 pour que je décide de m’équiper d’un plus petit boitier. 

J’avais dit à ma compagne : « On part un mois, mais j’ai pour objectif de prendre avec moi uniquement un sac à dos qui rentre en cabine pour toutes mes affaires ». Bien sûr, sa première réaction était : « impossible, surtout pas toi » et finalement, l’idée à germer.  Nous sommes d’ailleurs partis les deux avec la même philosophie minimaliste et quelle expérience ! On risque de ne plus revenir en arrière pour nos futurs voyages. 

Bref, vous l’aurez compris, pour ce voyage, je voulais un compact afin de voir si j’arrivais à trouver du plaisir à pratiquer la photographie malgré la « régression matérielle ». Mon choix s’est arrêté sur un compact expert de la célèbre marque japonaise Fujifilm, le X100F.  C’est un appareil au capteur APS-C avec une focale fixe équivalente 35mm (l’optique que l’on dit taillée pour la photo de rue et polyvalente pour le reste).

La révélation Fujifilm

Compact expert APS-C Fujifilm X100F
Compact expert APS-C Fujifilm X100F

Premiers pas avec le X100F

Je dois vous avouer que non seulement l’aventure passée avec ce boitier Fujifilm a été à la hauteur de mes espérances et même bien au-delà ! L’expérience utilisateur que propose Fujifilm sur leurs boitiers avec les molettes physiques m’a véritablement fait passer un cap en photographie. Je trouve que d’un point de vue pédagogique, c’est simplement les meilleurs boitiers pour apprendre à comprendre et maitriser les bases du triangle d’exposition (les 3 réglages de bases en photographie).

Je ne vais pas m’attarder sur le sujet, car je prévois un article complet sur ce magnifique boitier et la philosophie de Fujifilm prochainement.

Le viseur électronique des hybrides

La grosse avancée du Fujifilm sur mon reflex est également la possibilité d’avoir un viseur électronique. Je l’annonce volontairement comme avantages, car il est loin le temps où la latence des viseurs vous donnait mal à la tête. Aujourd’hui, je ne vois QUE des avantages de ces solutions sur les reflex. Le principal étant de voir directement l’impact de vos réglages sur l’image finale. Le processus de création s’en retrouve qu’amélioré et c’est grâce à cela que vous allez maitriser le triangle d’exposition.

L’importance des optiques

J’ai également compris au fil de mes expériences que le capteur avait certes de l’impact sur le bokeh (et surtout les photos en basse lumière), mais les optiques ont une place tout aussi importante dans les résultats obtenus. Je les mettrais même en première place aujourd’hui.

En analysant le parc optique de Fujifilm, j’ai remarqué que comme la marque ne possède pas de gamme plein format, leurs optiques pour les capteurs APS-C reçoivent un travail tout particulier. C’est clairement des optiques premium avec des ouvertures de dingue (d’ailleurs un objectif f/1 vient de sortir). 

Je pense donc que, comme le prix de ces optiques est bien plus accessible que les équivalentes en plein format, je vais pouvoir compenser sans trop de soucis le rétrécissement de la taille de mon capteur. De plus, j’aurai un accès à des ouvertures jusque-là inaccessibles pour des raisons de prix.

Mon nouveau boitier

Les limites du X100F

Le X100F est un excellent appareil. Il est très pratique pour sa compacité et robustesse pour partir en vacances par exemple. C’est également le partenaire idéal pour sa discrétion en photo de rue. Malheureusement, j’ai un autre besoin à couvrir qui m’occupe 80% de mon temps, la photo de paysage. 

Il est vrai que sa focale (équivalente 35mm) est polyvalente, mais dans ma région (montagnes suisses), j’aime zoomer sur des détails ou couvrir un large panorama avec un grand angle. Avec ce boitier, ces pratiques deviennent vite limitées. 

Pourquoi un APS-C

Comme mentionné plus haut, c’est avant tout pour sa compacité. J’aime partir en randonnée et quelques kilos en moins se font vite ressentir. Sur le boitier, les différences entre le plein format et APS-C sont discutables (si l’on compare le monde des hybrides), mais c’est principalement sur les optiques que la différence est énorme.

De plus, le prix des objectifs à ouverture équivalente est toujours en faveur de l’APS-C. Étant amateur, je préfère avoir un parc d’optique plus grand qui me permet d’évoluer, que me restreindre avec du plein format car mon budget ne suit pas. 

Dernier argument important : le facteur de rapprochement de l’APS-C. Ce dernier me permet d’avoir des objectifs qui peuvent zoomer 1.5x fois plus que pour un équivalent en plein format. C’est donc beaucoup plus simple d’avoir accès à des rapprochements intéressants pour la haute montagne ou la photo sportive.

Le choix final

Boitier APS-C Fujifilm X-T4
Boitier APS-C Fujifilm X-T4

Sans grande surprise, j’ai décidé de continuer mon expérience chez Fujifilm. Le plaisir que m’a procuré mon X100F me semble prometteur pour la suite.  Et j’adore le look de leur boitier !

J’ai longuement hésité entre un X-T3 et le X-T4. L’ancien (X-T3) possédait presque tous les arguments pour me convaincre, mais dans une vision à plus long terme, j’ai décidé de partir sur le X-T4. Je prévois un article pour vous expliquer pourquoi j’ai pris la dernière monture de Fujifilm prochainement.

Voilà, le suspens est tombé, je vais conclure cet article ici. J’en prévois d’autres plus détaillés sur mes débuts avec ce boitier. Notamment, mes tests de réglages, mes premières impressions, etc. 

N’hésitez pas à me partager votre avis en commentaire ou par mail si vous avez aussi été confronté à ce choix. Ou simplement si vous démarrez également chez Fujifilm.

Je vous dis à très vite pour la suite de mon aventure de fujiste !

Bonnes photos !

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Dany
Photographe amateur depuis plusieurs années, mon expérience m’a permis d’évoluer dans ce milieu en passant par plusieurs marques : Sony, Nikon et Fujifilm. Autodidacte, je continue à me former et je partage désormais mes différentes expériences avec une communauté de passionnés.
Publications: 14

2 commentaires

  1. Salut Dany, comme tu le fais remarquer, pour choisir son boîtier, tout dépend du type de photo qu’on veut faire… et on opte parfois, par souci de performance, pour du matériel qui dépasse largement nos besoins. De plus, comme tu le dis aussi, quand on fait de la photo de voyage, ou même en extérieur et/ou hors d’un studio, le poids et l’encombrement sont forcément des critères super importants ! A mon humble avis, à terme, le full frame ne sera plus que pour les pros… Personnellement, pour mes photos de voyage, je prends même un hybride 4/3 avec le plus souvent un 25mm f/1.7 et je trouve ça super parce que très polyvalent 🙂

    • Hello Virginie, merci pour ton retour d’expérience.
      Effectivement, il est primordial d’acheter du matériel APRÈS avoir identifié son domaine de prédilection (au risque d’avoir une voiture de course et de rouler en ville avec… pas très utile😊).
      Après, le Micro 4/3, avec le facteur de 2 dû à la taille de son capteur, est encore plus impressionnant que l’APS-C dans l’encombrement des objectifs (on a des téléobjectifs minuscules).
      Seulement pour moi qui faisais le virage du reflex à l’hybride, le marché du micro 4/3 me faisait peur avec les smartphones qui s’en rapprochent de plus en plus.
      Raison pour laquelle j’ai jeté mon dévolu sur Fujifilm à la place d’Olympus 😉

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